Métacognition

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Sommaire


Métacognition

L'activité métacognitive consiste essentiellement à prendre conscience de sa manière d'apprendre et d'exercer un contrôle sur celle-ci. Les compétences métacognitives sont des compétences transversales d’ordre intellectuel faisant appel à l’autonomie de la pensée et au sens de l’effort. (Portelance, 2002)

La métacognition est un concept issu des travaux basés sur une conception cognitiviste de l'apprentissage.
Selon le paradigme constructiviste, le processus d'apprentissage :

  • est un processus actif et constructif,
  • établit des liens entre des connaissances antérieures et des connaissances nouvelles
  • requiert l'organisation constante des connaissances,
  • concerne tout autant les connaissances que les stratégies cognitives et les connaissance métacognitives (métaconnaissances pratiques ou dynamiques),
  • concerne autant les connaissances déclaratives que les connaissances conditionnelles et procédurales.


« La métacognition se rapporte à la connaissance qu´on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l´apprentissage d´informations et de données... La métacognition se rapporte entre autre chose, à l´évaluation active, à la régulation et à l´organisation de ces processus en fonction des objets cognitifs ou des données sur lesquels ils portent, habituellement pour servir un but ou un objectif concret. » (Flavell, 1976)

La métacognition désigne, d'une part, les connaissances introspectives et conscientes que l’élève a de ses propres manières d'apprendre et, d'autre part, sa capacité à les réguler délibérément. (Gombert, 1990 ; Grangeat, 1997 ; Noël, Romainville & Wolfs, 1995 ; Romainville, 2000)

« La métacognition désigne l'activité de l'apprenant (élève) qui s'exerce à partir du moment où il n'est plus dans l'action mais dans une réflexion, verbalisée ou non, sur cette action. Il est démontré que cette activité, permettant une prise de conscience des procédures, des méthodes et des processus intellectuels mis en œuvre pour résoudre un problème, améliore l'acquisition des connaissances et la stabilité des acquis. » (Wikipédia)

« La métacognition, c'est une activité mentale qui nous permet de percevoir et de comprendre comment nous exerçons notre pensée. Cela nous procure éventuellement davantage de pouvoir pour mieux contrôler et gérer notre façon d'apprendre quelque chose. » (C. Partoune)

La métacognition comporte deux grandes dimensions qui s'influencent mutuellement :

  • Les métaconnaissances
    (le « quoi » déclaratif)
    Connaissances que l’individu possède sur les ressources cognitives.
  • Les habiletés métacognitives
    (le « comment » procédural)
    Mécanismes de gestion, de régulation et de contrôle du fonctionnement cognitif que l’individu peut exercer.

Par l'activité métacognitive, l'apprenant gère, contrôle, ajuste plus efficacement et en conscience ses stratégies cognitives pour s'adapter aux situations rencontrées; il devient capable de prendre en charge son propre apprentissage. Un environnement d'apprentissage qui l'aidera à développer ses capacités métacognitives lui permettra ainsi d'apprendre à apprendre et favorisera son autonomie.

Les métaconnaissances

(ou Connaissances métacognitives )
Connaissances sur les connaissances.
Dans le concept de la métacognition, les connaissances métacognitives se réfèrent à la conscience et à la connaissance qu´un sujet déterminé a de ses processus cognitifs. La prise de conscience (« expérience métacognitive » pour Flavell) de sa manière d´apprendre implique que la personne prenne du recul et adopte une attitude réflexive par rapport à sa conduite intellectuelle (Dias, 2001).

Les métaconnaissances sont dynamiques et peuvent se modifier au fil des expériences. Ce sont des croyances qui influencent notre manière d'apprendre.
Différents auteurs proposent plusieurs modèles de la métaconnaissance. Quelques-uns parmi eux sont donnés ci-dessous. Flavel est l'auteur pionnier dans le domaine. Les autres modèles sont des déclinaisons de ce qu'il a proposé.

Modèle de la métaconnaissance de Flavell (1976, 1985, 1987)

Les connaissances metacognitives recouvrent :

  • les connaissances personnelles ou réflexives
    Connaissances sur les propriétés de fonctionnement cognitif chez l´être humain et sur les variations entre les individus. Connaissance de soi, de ses propres motivations, de sa propre efficacité, de ses point faibles et forts.
  • les connaissances sur les tâches cognitives
    Permettent à l'apprenant d'identifier le type de tâche et d'adopter la stratégie pour la réaliser. Connaissances relatives aux difficultés qu´une tâche représente à l´activité cognitive de l´individu.
  • les connaissances stratégiques
    Connaissance des stratégies (cognitives, d'apprentissage, de raisonnement, de résolution de problèmes) efficaces pour réaliser la tâche.
  • les interactions entre ces différentes métaconnaissances.

Modèles de la métaconnaissance de Brown (1978, 1980)

Brown classe les connaissances métacognitives en trois catégories :

  • Savoir quand et ce que l´on sait
    Prise de conscience de son état de connaissance ou d´ignorance sur un sujet.
  • Savoir ce que l´on a besoin de connaître
    Savoir identifier les catégories d´informations qui sont essentielles à la réussite d´une tâche.
  • Connaître l´utilité des stratégies d´intervention
    Cela permet à l'individu de modifier sa conduite lorsqu´il estime que sa performance n´est pas optimale.

Modèle de la métaconnaissance de Baker et Brown (1982)

Ces auteurs distinguent deux catégories de savoirs métacognitifs :

  • Savoir statique
    Réunit pour l´essentiel les quatre catégories de savoir métacognitif de Flavell (personne, tâche, stratégie et interaction entre ces savoirs).
  • Savoir stratégique
    Précise les moyens par lesquels s´effectue la régulation d´une activité cognitive en progression :
    • Planifier : décider des étapes à suivre.
    • Prédire : estimer les résultats de l´activité.
    • Prendre des risques : tenter des solutions raccourcies.
    • Contrôler : vérifier la progression d´une activité.

Modèle de la métaconnaissance de Chi (1984)

Chi distingue trois catégories de connaissances métacognitives :

  • Connaissances métadéclaratives : savoir que.
  • Connaissances métaprocédurales : savoir comment.
  • Connaissances métastratégiques : procédures générales s´appliquant à plusieurs domaines.

Modèle de la métaconnaissance de Minier (2000)

L´individu construit des connaissances métacognitives sur :

  • La personne
    Connaissances relatives à lui-même en tant qu´apprenant.
    Connaissances sur son rythme d´apprentissage, sur les facteurs affectifs et sociaux qui le stimulent ou le freinent, sur la manière dont il s'évalue. Savoirs concernant les croyances, les valeurs et attitudes qu´il adopte devant les tâches d´un domaine.
  • La tâche
    Connaissances à propos de la tâche à réaliser (ses caractéristiques, son niveau de complexité, son ampleur, les exigences liées à sa réalisation).
  • Les stratégies cognitives
    Stratégies que l´individu utilise pour procéder à une organisation plus cohérente de ses conceptions en vue de comprendre plus efficacement es objets et les phénomènes.
  • Les stratégies métacognitives
    Stratégies métacognitives générales et particulières pour contrôler les progrès parcourus.
  • Les stratégies motivationnelles
    Stratégies visant à maintenir la motivation initiale.
  • Les stratégies métamotivationnelles
    Réflexion sur notre comportement et les moyens de les maintenir. Elaborer une représentation d´une intention comportementale, établir un lien entre une intention et un plan d´action, etc.
  • Les objectifs visés
    Savoirs développés par l'individu à propos des objectifs à court terme, à moyen terme. Ceux-ci lui permettent à divers degrés et de différentes manières d'exercer une régulation.
  • Les représentations initiales
    Connaissances relatives aux représentations initiales et aux conceptions sous-jacentes pour pouvoir les réorganiser et les ajuster en conscience aux choses et phénomènes expérimentés.

Les habiletés métacognitives

Ce sont les habiletés métacognitives dont dispose l'individu pour gérer ses activités cognitives.
Elles reposent sur :

  • L'explicitation par le sujet de ses propres processus et produits cognitifs,
  • L'anticipation, ce qui revient à l'explicitation par le sujet de ses processus et produits cognitifs projetés dans le futurs,
  • La décentration, soit l'explicitation des processus et produits cognitifs d'autrui.

Planification

Avant l'action : élaboration du plan d'action pour atteindre un objectif d'apprentissage.

  • Analyser les buts poursuivis.
  • Définir les priorités.
  • Imaginer des procédures.
  • Sélectionner des stratégies.
  • Analyser les exigences des tâches requises.
  • Anticiper les résultats d'une action.
  • Estimation du temps nécessaire.
  • Ordonner et organiser les étapes dans le temps pour atteindre un objectif.
  • etc

Surveillance - Attention consciente

Pendant l'action : suivi de l'exécution du plan d'action.

  • Contrôler l´action pendant l´exécution du travail.
  • Vérifier la pertinence de l'action (direction prise, rythme adopté, etc).
  • Prendre conscience de ses actions au cours de l'apprentissage, de ses expériences métacognitives.
  • etc

Autoévaluation - Autorégulation

Après l'action : évaluation du plan d'action.

  • Vérifier si les buts sont atteints
  • Evaluer les processus, les stratégies, la planification.
  • Interpréter et traiter les expériences métacognitives.
  • Ajuster la démarche d'apprentissage.
  • Réviser, réorganiser les stratégies utilisées.
  • etc

Transfert des connaissances

Mendelsohn désigne le transfert de connaissance par le « mécanisme qui permet à un sujet d’utiliser dans un nouveau contexte des connaissances acquises antérieurement ».

La métacognition facilite le transfert des connaissances (transposition et généralisation) et l'exploitation de ce mécanisme comme une stratégie consciente.

Liens pour approfondir