Compétence

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Une compétence est « un savoir-agir complexe résultant de l’intégration, de la mobilisation et de l’agencement d’un ensemble de capacités, d’habiletés et de connaissances utilisées efficacement. » (François Lasnier, 2000)

Le Boterf, dans ses ouvrages sur les compétences, juge la compétence d’une personne en fonction de sa capacité à combiner les ressources dont il dispose à un moment donné, pour réaliser une activité en prenant en compte les conditions et les modalités d’exercice de cette activité (Le Boterf 1994; Le Boterf 1999). Il considère dès 1994 que « la compétence ne réside pas dans les ressources (connaissances, capacités…) à mobiliser, mais dans la mobilisation même de ces ressources. La compétence est de l’ordre du savoir-mobiliser ».

La compétence se définit dans l’action, c’est une compétence en situation qui se construit et fonctionne dans une action finalisée, pour faire quelque chose.

mais aussi :
« La compétence n’est pas qu’un savoir-agir, elle est aussi une conscience de ce qui rend notre action efficace… un savoir réfléchir sur son action. La compétence ne peut se limiter à l’application d’une technique ou d’une procédure entièrement prévue à l’avance. » (M-F Legendre, 2005)

« Le concept de compétence retenu par le Programme de formation appelle un regard différent sur la relation entre l’enseignement et l’apprentissage. (…) Définie comme un savoir-agir, la compétence dépasse la simple addition ou juxtaposition d’éléments. (…) Privilégier les compétences, c’est donc inviter à établir un rapport différent aux savoirs et à se recentrer sur la formation de la pensée et le développement de l’autonomie. » (MELS, 2004)

Selon Leplat (1995) et Parlier (1996), une compétence est :

  • opératoire et finalisée : elle est toujours "compétence à agir", elle est indissociable d'une activité.
  • apprise : on ne naît pas compétent, on le devient par construction personnelle et par construction sociale.
  • structurée : les différents éléments qui la constituent se combinent, interagissent et la construisent.
  • abstraite et hypothétique : elle est par nature inobservable. Seuls le comportement (manifestations) et les résultats (conséquences) sont observables.


Pour Jacques Tardif (2006), une compétence est un savoir-agir :

  • qui intègre des ressources de nature variées (cognitives, affectives, sociales, sensorimotrices) ;
  • qui les combine d'une façon particulière, unique, propre à chaque situation, à chaque apprenant ;
  • qui s'acquiert progressivement, qui se développe dans le temps ;
  • qui est contextualisé ;
  • qui permet de s'adapter à de nouvelles situations en mobilisant de nouvelles resources ;

Dans le domaine professionnel

La compétence se définie comme un savoir-agir (potentiel d'action) résultant de la mobilisation et de l'utilisation efficaces d'un ensemble de ressources internes ou externes dans des situations relevant d'un contexte professionnel. (Wikipédia)

Dans l'enseignement

La compétence désigne la mobilisation d'un ensemble de ressources (savoir, savoir-faire, savoir-être), en vue de résoudre une situation complexe appartenant à une famille de situations-problèmes. (Wikipédia)

M.-F. Legendre distingue deux pôles dans la notion de compétence : une logique de mise en oeuvre et une logique de réflexion. « Le savoir-agir de la compétence suppose la capacité à investir dans l'action les savoirs précédemment acquis mais aussi la capacité à abstraire de ses actions des savoirs qui pourront être réinvestis dans de nouveaux contextes. »


« La prise en compte des compétences dans le monde de la formation dénote de façon plus générale le passage progressif d'une centration sur les savoirs, considérés comme préalables à l'activité et souvent abordés de manière décontextualisée, à une prise en compte des activités dans lesquelles ces savoirs s'incarnent. » (M-F. Legendre)

« Nous ne sommes plus dans un cadre de savoirs stables dans leur configuration disciplinaire mais plutôt dans celui de savoirs en construction dynamique, où ils sont en permanence recombinés par l'élève. On vise moins à transmettre une science, des savoirs savants reçus en héritage, qu'à faire produire dans l'activité des savoirs qui s'expriment par la production de résultats pratiques et de savoir-faire manifestés. C'est ainsi que la connaissance est appelée à devenir compétence, au travers de pédagogies centrées sur l'activité. » (Lemaître & Hatano, 2007).

« La focalisation sur la notion de compétences permet donc de porter une attention accrue aux processus d’apprentissage, à la façon dont l’élève apprend et utilise ses connaissances, et finalement au fonctionnement cognitif des individus. Elle ne disqualifie pas, loin de là, l’absolue nécessité d’ancrer les apprentissages sur l’acquisition rigoureuse, étayée, de connaissances solides sans lesquelles les compétences visées ne seraient que châteaux de sable. Mais elle rappelle l’ardente obligation de donner du sens aux savoirs enseignés à l’école, d’en augmenter la portée au-delà de l’horizon de la seule réussite aux épreuves scolaires, et de mettre au premier rang des missions de l’école la formation de la pensée autonome. (...)
Ainsi, c’est parce que le monde est en évolution constante, parce que les hommes devront être capables de s’adapter, parce qu’ils devront disposer d’une forte capacité à réagir, à se former tout au long de leur vie, que la formation doit s’articuler autour de l’acquisition, du développement d’ « habiletés » globales et complexes, garantes de l’adaptation des individus à leur environnement : les compétences. » (A. Houchot, F. Robine, 2007)

Les compétences-clés définies par l’OCDE

L'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a mis en œuvre, entre 1997 et 2003, le programme « DeSeCo » (définition et de sélection des compétences dites « clés ») dans le but de « fournir un cadre conceptuel pour orienter le développement à long terme des évaluations et l’extension à des nouveaux domaines de compétences ».
Selon l’OCDE, cet ensemble doit regrouper les compétences indispensables à un individu pour « faire face aux défis de la vie » et « contribuer au bon fonctionnement de la société ».
Le programme DeSeCo classe ces compétences-clés en trois catégories :

  • Se servir d’outils de manière interactive
    1. Capacité à utiliser le langage, les symboles et les textes de manière interactive
    2. Capacité à utiliser le savoir et l’information de manière interactive (compétence informationnelle)
    3. Capacité à utiliser les technologies de manière interactives
  • Pouvoir interagir dans des groupes hétérogènes
    (Compétence interculturelle).
    1. Capacité à établir de bonnes relations avec autrui
    2. Capacité de coopérer, travailler en équipe
    3. Capacité de gérer et résoudre des conflits
  • Agir de façon autonome
    1. Capacité d’agir dans une perspective globale
    2. Capacité d’élaborer et de réaliser des projets de vie et des programmes personnels
    3. Capacité de défendre et d’affirmer ses droits, ses intérêts, ses limites et ses besoins

Dans ce cadre conceptuel, une compétence-clé est à la fois :

  • une compétence transversale (qui peut s'exercer dans des contextes diversifiés)
  • une compétence complexe
  • une compétence qui requiert la faculté de réfléchir et d’agir de manière réflexive, des savoirs faire métacognitifs et un certain esprit critique.

Liens pour approfondir


  • Lemaître Denis & Hatano Maude (dir.) (2007). Usages de la notion de compétence en éducation et formation. Paris : L'Harmattan
  • Legendre Marie-Françoise (2008). « La notion de compétence au coeur des réformes curriculaires : Effet de mode ou moteur de changements en profondeur ? ». In Audigier François & Tutiaux-Guillon Nicole (dir.). Compétences et contenus : les curriculums en questions. Bruxelles : De Boeck, p. 27–50.