Communauté d'apprentissage

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Sommaire


Communauté

Groupement d'individus réunis autour d'un intérêt commun ou d'un but commun.

« Orienter, négocier et partager sont des verbes d'action qui projettent diverses formes de coopération et de collaboration. L'interaction est collective mais elle est aussi orientée pour permettre le partage et la négociation. Les buts et les finalités sont préalablement fixés, précisés et les membres sont invités à se prononcer sur les façons d'être et les façons de faire. L'adhésion est co-construite. D'individuelle au départ, toute la démarche revêt une forme collective dans laquelle les usufruits se redistribuent à la fin de l'expérimentation ou en cours de parcours. La trajectoire est alignée vers l'éclosion d'une vision souhaitée ou partagée qui propose des stratégies résolutoires souvent novatrices à des problèmes complexes et variés. La résolution de problèmes est soutenue par des techniques de facilitation; elles favorisent l'émergence d'une intelligence collective plus sentie et mieux perçue par les participants. C'est le propre de certaines communautés d'apprentissage, de certaines communautés de pratique, comme celles identifiées à des groupes de travail coopérant et collaborant en réseau pour résoudre, au sein d'une pratique distincte, des problèmes communs et complexes, ou encore, à des équipes de développement et de recherche s'interrogeant sur les tenants et aboutissants de leur pratique. » (Extrait de [1], TACT])

« La communauté existe si les membres partagent un «ensemble d’évidences et de pratiques culturelles communes » (Zarifian, 1996).

La communauté est ainsi plus qu'un réseau social. Pour devenir communauté, le groupe doit être « cimenté » par les caractéristiques (corrélées entre elles) suivantes :

  • un objectif commun partagé par tous les membres,
  • le sentiment d'appartenance des membres, la reconnaissance de chacun dans l'« identité du groupe »,
  • le partage de pratiques, de rituels d'interactions, de valeurs communes, d’une micro-culture,
  • une histoire commune (des échanges dans la durée).

Ces caractéristiques rendent aussi possibles la structuration sociale et l'organisation de la communauté (distribution des rôles, etc).

Communauté virtuelle

« La communauté virtuelle se développe principalement à travers des interactions en réseau, au moyen d’outils techniques permettant la communication à distance selon différentes modalités : en temps réel ou synchrone, en différé ou asynchrone, visuel, textuel…
Elle prend forme dans la conscience de ses membres et à travers les divers mécanismes de régulation qui opèrent pour assurer la cohésion du groupe. (...) Le contexte de référence ici est celui d’un groupe restreint d’apprenants adultes, une communauté en tant que constituant le noyau primitif de construction de significations partagées (Zacklad 2004), engagés vers un objectif commun, amenés à coopérer pour l’atteindre. Les moyens pour ce faire ne sont ni standardisés, ni formalisés, ce qui à la fois permet et induit une souplesse dans la coordination de la contribution des participants et leur adaptation aux configurations émergentes. » (Corinne RAINGUEZ, 2007)

« Le fonctionnement général d'une communauté virtuelle peut être rapproché de la dynamique des « structures dissipatives » (Prigogine, 1995). Il s’agit de systèmes ouverts qui se maintiennent dans un état éloigné de l'équilibre, mais qui demeurent néanmoins stables : la même structure globale est maintenue en dépit d'un flux constant d’actions et d’informations suscitant de l'évolution et des changements. Le concept de « structure dissipative » choisi par Prigogine souligne cette tension entre changements permanents et continuité structurelle. » (Guy Zimmermann, 2007)

Communauté d'intérêt

« Une communauté d'intérêt est un groupe composé d'individus qui partagent soit une identité, soit des expériences et des préoccupations. Elle se compose de personnes qui sont personnellement touchées par un problème commun, soit directement, soit dans leur entourage. L'appartenance à une communauté de ce type les aide à comprendre, interpréter leur condition et à chercher des solutions aux problèmes qu'ils peuvent rencontrer. » (Wikipédia)

Communauté de pratique

(ou CP ou CdP ou CoP pour Community of Practice)
« L’objectif d’une communauté de pratiques est la mise en place d’une structure de partage de connaissances entre ses membres, afin de permettre l’émergence d’une intelligence collective, de création de valeur et d’innovation. » (intellitoria.viabloga.com)

« La communauté de pratique désigne le processus d'apprentissage social émergeant lorsque des personnes ayant un centre d'intérêt commun collaborent mutuellement. Cette collaboration, qui doit se dérouler sur une période de temps notable consiste à partager des idées, trouver des solutions, construire des objets nouveaux, etc. On parle aussi de communautés de pratique pour désigner le groupe de personnes qui participent à ces interactions. » (Lave et Wenger, 1991)

Une communauté de pratique est « un réseau social persistant et actif d’individus qui partagent et développent un fond de connaissances, un ensemble de croyances, de valeurs, une histoire et des expériences concentrées sur une pratique commune et/ou une entreprise commune ». (Barab, Makinster et Scheckler, 2004)

La communauté de pratique représente un mode collectif d’apprentissage et de développement des connaissances et des compétences collectives par la mise en commun de savoirs différents. Elle participe de fait directement au processus de gestion des connaissances (KM).

(Ci dessous, un extrait de [2], Delalonde) :
« Wenger défend ainsi une perspective sociale de l’apprentissage, insérée dans les pratiques collectives au sein des communautés de pratique. Pour Wenger, la pratique relève du "faire", dans ses dimensions à la fois historiques et sociales, et dans sa capacité à produire une signification aux actions. (...)
Trois dimensions permettent de caractériser le type de relation qui fait qu’une pratique constitue la source de cohérence d’un groupe d’individus :

  1. L’engagement mutuel :
    Wenger définit l’appartenance à une communauté de pratique comme le résultat d’un engagement des individus dans des actions dont ils négocient le sens. L’engagement mutuel suppose un rapport d'entraide entre les participants, nécessaire au partage de connaissances sur la pratique. De ce point de vue, la compétence qui consiste à savoir aider et se faire aider est plus importante que le fait d’être capable de répondre soi-même à toutes les questions.
  2. Une entreprise commune :
    L’entreprise commune est le résultat d’un processus collectif permanent de négociation qui reflète pour Wenger la complexité de la dynamique de l’engagement mutuel. Le fait de négocier des actions communes crée des relations de responsabilité mutuelle entre les membres de la communauté.
  3. Un répertoire partagé :
    Au cours du temps, l’engagement au sein d’une pratique commune crée des ressources qui permettent la négociation de significations. Ces ressources forment le répertoire partagé d’une communauté. Elles englobent des supports physiques, des routines, des outils, des procédures, des concepts que la communauté a créés ou adoptés au cours de son existence et qui sont devenus partie intégrante de sa pratique. »

Communauté d'apprentissage

(ou CdA ou Communauté d'apprenants)
Une communauté d'apprentissage est « un groupe d'élèves et au moins un éducateur qui, durant un certain temps et animés par une vision et une volonté communes, poursuivent la maîtrise de connaissances, d'habiletés ou d'attitudes. » (R. Grégoire, 1998)

Différemment des communautés d'intérêts ou de pratique qui naissent par auto-organisation, la communauté d'apprentissage est créée intentionnellement, donc artificiellement, par l'enseignant en réponse à des objectifs pédagogiques.
Aussi, le tuteur a un rôle indispensable à jouer pour faire émerger, d'un groupe artificiellement composé, la communauté et sa dynamique sous-jacente capable de favoriser la motivation, la participation des apprenants, l'établissement de relations socio-cognitives entre pairs, le questionnement réciproque nourrissant l'apprentissage (dans une approche socio-constructiviste). Pour cela, il doit créer les conditions nécessaires pour installer un climat de confiance. Certaines règles doivent être respectées intégrant réciprocité dans les échanges et entraide entre les membres. Ces qualités sous-entendent le dialogue, le respect, l'écoute entre les membres, l'attention à l'autre et la conscience de l'autre.

On peut parler de cognition partagée mais cette dernière doit être intériorisée par le sujet-connaissant.

Liens pour approfondir

Communautés autour de l'apprentissage :